à moi
Encore une fois c’est la première phrase qui se fait attendre. C’est toujours elle qui pose problème.
Toutes les autres sont prêtes à partir, en rang serré, en ordre de bataille. Elles piètinent d’impatience, mais elles ne peuvent rie nfaire sans l’ouverture, sans les premiers mots.
Au commencement il y a le sujet, le maître, le grand ordonnateur. N’importe lequel, tout est bon pour initier le processus: la victoire de l’équipe de France de football, l’élection rocambolesque du président des USA, une jeune femme sublime entrevue dans un rêve, un bistrot que l’on détruit pour faire passer une route, un souvenir d’enfance, un info lue ou entendue, l’idée bizarre d’imaginer une mort violente, un 1° mai étrange, tout et n’importe quoi.
Une fois choisi, le sujet s’installe, jette un regard alentour, et lance son appel. Il veut exister ailleurs que dans un coin du cerveau, et pour cella il lui faut des idées. Il sait qu’elles sont là, tapie dans l’ombre, attedant d’êtres pretes pour prendre leur place dans le jeu.
Les premieres à sortir sont les idées passe-partout, les idés reçues, les idées toutes faites. Elles n’ont peur de rien, elles sont les éclaireuses, elles déblayent le terrain. Elles ne se font pas d’illusions, beaucoup ne résisteront pas à la première sélection, elles seront balayées sans regret, sans pitié. Qu’importe, c’est leur rôle, si elles ne s’étaient pas sacrifiés pour la cause les autres ne seraient jamais sorties.
Toutes les idées ne peuvent pas servir n’importe quel sujet. Certaines ont besoin de sujet noble, se sont les grandes idées, les idées universelles, elles ont une dignité, une place à tenir, une réputation à défendre. Elles ne sortiront pas cette fois ci, ce n’est pas leur terrain.
Les idées plus originales, les audacieuse, plus drôle, plus forte avancent doucement, par timidité, par peur. Elles ont un petit quelque chose de différent qui peut effrayer le sujet. Mais quand il est séduit, c’est gagné, il ne lachera pas le morceau, il s’accroche à elles, il a trouvé son complètement indispensable.
A partir du moment où le couple est formé le processus est pret à s’engager. Enfin presque. Tant que la fin, la chute n’est pas prête rien ne se passe.
Parce qu’au début il n’y a pas de fin. La fin est tout. La chute conduit l’affaire. Sans fin personne ne sait où aller. Trop risqué. Les differentes pistes se mélangeraient dans une belle anarchie. Il faut un but pour pouvoir tout organiser. Les phrases se bousculent, se contredisent, s’annulent. La fin doit mettre de l’ordre dans tout ça. Elle arrive par petit bout, en reculant, elle sait son importance, elle ne veut pas tout gâcher en se trompant. Elle est modeste, elle accepte d’être refusée, transformée, retaillée. Elle laisse volontairement sa place à une autre. Qui subira le même sort. Jusqu’à ce qu’enfin, la Fin s’impose, évidente, irréfutable.
C’est alors que les phrases arrivent, dans le plus grand désordre. Dès que l’esprit se laisse aller, en attendant un bus, avant de sombrer dans le sommeil, en allant travailler. Elles s’accumulent, se croisent, disparaissent, se déforement, se reforment. Le vrai travail va enfin pouvoir commencer. Un fois le premier tri fait, les phrases se présentent les unes après les autres pour former le premier jet. Certaines sortent sans surcharge pondérale, équilibrés, efficaces. D’autres manquent de corps, d’ampleur, de force. Il faudra alors reprendre tout ça, arranger, peaufiner, eliminer. Le corps du texte se construit peu à peu.
Il manque pourtant l’ouverture, cette phrase qui doit accrocher, d’entrée de jeu. Elle ne vient pas. Elle n’est jamais bonne. Jamais comme il faudrait. Elle bloque. Tout le reste est prêt. Toutes les autres phrases sont en place. Elles se foutent de cette première phrase qui fout le bordel, qui compromet leur existence. Alors lassé d’attendre une sort en désespoir de cause. N’importe laquelle, banale, boiteuse, bateau. Il était une fois, pourquoi pas, ça à déjà fait ses preuves. Elle est rejeté impitoyablement, comme tant d’autres qui ne sont pas assez ceci, trop cela.
Pourquoi faut-il que ce soit cette première phrase qui pose toujours problème? Pourquoi cette incapacité à faire le premier pas? Pourquoi, alors que tout le reste est en place, faut-il qu’il soit impossible de mettre un point final en écrivant ces premiers mots?
Après s’être fait désirer si longtemps elle arrive enfin, elle fait sa belle, sait l’importance qu’elle à. Surtout ne pas la vexer, lui laisser prendre sa place, tout en haut, bien en vue.
Ça commencerait comme ça...
Encore une fois c’est la première phrase qui se fait attendre. C’est toujours elle qui pose problème.
Toutes les autres sont prêtes à partir, en rang serré, en ordre de bataille. Elles piètinent d’impatience, mais elles ne peuvent rie nfaire sans l’ouverture, sans les premiers mots.
Au commencement il y a le sujet, le maître, le grand ordonnateur. N’importe lequel, tout est bon pour initier le processus: la victoire de l’équipe de France de football, l’élection rocambolesque du président des USA, une jeune femme sublime entrevue dans un rêve, un bistrot que l’on détruit pour faire passer une route, un souvenir d’enfance, un info lue ou entendue, l’idée bizarre d’imaginer une mort violente, un 1° mai étrange, tout et n’importe quoi.
Une fois choisi, le sujet s’installe, jette un regard alentour, et lance son appel. Il veut exister ailleurs que dans un coin du cerveau, et pour cella il lui faut des idées. Il sait qu’elles sont là, tapie dans l’ombre, attedant d’êtres pretes pour prendre leur place dans le jeu.
Les premieres à sortir sont les idées passe-partout, les idés reçues, les idées toutes faites. Elles n’ont peur de rien, elles sont les éclaireuses, elles déblayent le terrain. Elles ne se font pas d’illusions, beaucoup ne résisteront pas à la première sélection, elles seront balayées sans regret, sans pitié. Qu’importe, c’est leur rôle, si elles ne s’étaient pas sacrifiés pour la cause les autres ne seraient jamais sorties.
Toutes les idées ne peuvent pas servir n’importe quel sujet. Certaines ont besoin de sujet noble, se sont les grandes idées, les idées universelles, elles ont une dignité, une place à tenir, une réputation à défendre. Elles ne sortiront pas cette fois ci, ce n’est pas leur terrain.
Les idées plus originales, les audacieuse, plus drôle, plus forte avancent doucement, par timidité, par peur. Elles ont un petit quelque chose de différent qui peut effrayer le sujet. Mais quand il est séduit, c’est gagné, il ne lachera pas le morceau, il s’accroche à elles, il a trouvé son complètement indispensable.
A partir du moment où le couple est formé le processus est pret à s’engager. Enfin presque. Tant que la fin, la chute n’est pas prête rien ne se passe.
Parce qu’au début il n’y a pas de fin. La fin est tout. La chute conduit l’affaire. Sans fin personne ne sait où aller. Trop risqué. Les differentes pistes se mélangeraient dans une belle anarchie. Il faut un but pour pouvoir tout organiser. Les phrases se bousculent, se contredisent, s’annulent. La fin doit mettre de l’ordre dans tout ça. Elle arrive par petit bout, en reculant, elle sait son importance, elle ne veut pas tout gâcher en se trompant. Elle est modeste, elle accepte d’être refusée, transformée, retaillée. Elle laisse volontairement sa place à une autre. Qui subira le même sort. Jusqu’à ce qu’enfin, la Fin s’impose, évidente, irréfutable.
C’est alors que les phrases arrivent, dans le plus grand désordre. Dès que l’esprit se laisse aller, en attendant un bus, avant de sombrer dans le sommeil, en allant travailler. Elles s’accumulent, se croisent, disparaissent, se déforement, se reforment. Le vrai travail va enfin pouvoir commencer. Un fois le premier tri fait, les phrases se présentent les unes après les autres pour former le premier jet. Certaines sortent sans surcharge pondérale, équilibrés, efficaces. D’autres manquent de corps, d’ampleur, de force. Il faudra alors reprendre tout ça, arranger, peaufiner, eliminer. Le corps du texte se construit peu à peu.
Il manque pourtant l’ouverture, cette phrase qui doit accrocher, d’entrée de jeu. Elle ne vient pas. Elle n’est jamais bonne. Jamais comme il faudrait. Elle bloque. Tout le reste est prêt. Toutes les autres phrases sont en place. Elles se foutent de cette première phrase qui fout le bordel, qui compromet leur existence. Alors lassé d’attendre une sort en désespoir de cause. N’importe laquelle, banale, boiteuse, bateau. Il était une fois, pourquoi pas, ça à déjà fait ses preuves. Elle est rejeté impitoyablement, comme tant d’autres qui ne sont pas assez ceci, trop cela.
Pourquoi faut-il que ce soit cette première phrase qui pose toujours problème? Pourquoi cette incapacité à faire le premier pas? Pourquoi, alors que tout le reste est en place, faut-il qu’il soit impossible de mettre un point final en écrivant ces premiers mots?
Après s’être fait désirer si longtemps elle arrive enfin, elle fait sa belle, sait l’importance qu’elle à. Surtout ne pas la vexer, lui laisser prendre sa place, tout en haut, bien en vue.
Ça commencerait comme ça...
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