jeudi 15 octobre 2009

Town & Country

à l’herbe toujours plus verte...

24 mai.
Il faut vraiment que je quitte cette ville. Je ne supporte plus d’être réveillé à quatre heures tous les matins par le métro aérien, d’autant plus qu’il m’empêche de m’endormir aussi. Les voitures m’agressent, me polluent les poumons, j’ai du mal à respirer dès que j’ouvre la fenêtre, et j’évite de le faire pour que les pigeons ne viennent pas fienter sur le canapé. Cette ville est un enfer. C’est décidé je déménage.

2 septembre.
Ça y est c’est fait; Je me suis installé dans un petit village dans les Alpes. J’ai trouvé une charmante maison au milieu des bois. Cet endroit est formidable. J’ai l’impression de revivre. L’air est pur, je pense même que je vais en profiter pour arrêter de fumer. Je peux dormir le fenêtre ouverte. J’ai choisi de parfait petit coin de paradis. Le matin je suis réveillé par le soleil qui se glisse entre les persiennes. Je suis aux anges.

12 septembre.
Tous les matins je prend mon petit-déjeuner sous le grand chêne dans le jardin. Les odeur de la nature m’emplis les poumons et me met de bonne humeur pour toute la journée. Il y a un petit marché sur la place du village. J’y trouve des fruits et des légumes qui ont un goût incroyable, rien à voir avec ce que je pouvais trouver à Paris.

30 septembre.
L’arrière saison est magnifique. Je suis allé à la chasse aux champignons. Je vais me faire une omelette avec ce que j’ai trouvé cet après-midi. Le pharmacien m’a dit que je ne risquais rien. J’ai acheté des fruits pour faire des confitures. J’ai prévu de me faire un potager l’année prochaine.

4 octobre.
C’est dingue les couleurs qu’apporte l’automne. La nature flamboie. Malgré tout ce que l’on dit d’eux en ville je trouve que les chasseurs sont très sympathiques. Hier mon voisin m’a offert un lièvre. J’en ferais un civet pour ce week-end.

3 décembre.
J’habite dans un village fantôme. Pas un commerce ouvert l’après midi. Je suis obligé de faire mes courses au supermarché le samedi en rentrant du boulot. Rien que des fainéants.

19 décembre.
Il a neigé toute la nuit. J’ai du déblayer l’allée avec une vieille pelle que j’ai trouvée dans le garage. Avant de me rendre compte que la route n’avait pas été dégagée. Les services techniques ne viennent pas dans le coin avant le début officiel de l’hiver. Et c’est dans deux jours.

25 décembre.
Il a encore neigé cette nuit. Il neige pratiquement toutes les nuits. Je me suis levé à 6 heures du matin pour dégager l’allée et pouvoir sortir ma voiture afin d’aller fêter Noël chez mes parents. Après que j’ai fini le chasse neige est passé et j’ai du recommencer. J’ai des ampoules plein les mains.

10 janvier.
Les services techniques ont foutus ma voiture dans le fossé en déblayant la route; Je ne la rentrait plus pour ne pas avoir à me lever dès potron minet pour pelleter la neige devant le garage.

31 janvier.
La météo annonce 25 centimètres de neige pour demain. J’ai acheté une nouvelle pelle. J’ai cassé l’autre de rage ce matin quand le chasse neige est passé et m’a recouvert de cette putain de merde blanche et froide.

01 février.
Le connard de la météo s’est planté. Il est tombé 40 centimètres cette nuit. Le chasse neige m’a réveillé à 4 heures en déblayant la route. J’ai glissé sur une plaque de verglas. J’ai le bras cassé. Pourquoi ils ne salent pas cette route à la con.

20 février.
Je me suis encore vautré dans la neige ce matin. J’ai chopé la grippe. J’ai mal partout. Je n’arrive plus à marcher tellement je suis courbaturé. J’ai l’impression d’être ma grand-mère. Impossible d’allumer la cheminée pour me réchauffer, elle n’a pas été ramonée depuis une éternité.

20 mars.
Il ne neige plus depuis une semaine. Je ne peux pas aller travailler, ma voiture est en panne. Elle est complètement bouffée par le sel qu’ils foutent sur les routes.

30 mars.
Le printemps revient. Je suis allergique au pollen. Je viens de le découvrir. Je passe mes journée et mes nuits à éternuer. Je dépense une fortune en kleenex.

29 avril.
J’ai renversé un sanglier avec ma voiture. Je croyais que ces connards de chasseurs les avaient tous massacrés. C’est comme ces putain de piafs qui chantent dès le lever du soleil, qu’est ce qu’ils attendent pour lancer un plan d’extermination massive de ces nuisibles au lieu de ce bourrer la gueule.

13 mai.
J’ai fait le bilan. Une nouvelle voiture, deux heures de trajet chaque jours, une cure d’antidépresseurs, le toubib qui me coûte un max à chaque fois qu’il se déplace, sans compter que j’ai failli perdre mon job plusieurs fois, que je ne vois plus ma famille et que je n’ai plus de vie sociale. Il faut que je rentre à Paris.

31 mai.
Vive la pollution, le métro, les pigeons. Je n’ai pas été aussi bien depuis longtemps. J’ai même repris la cigarette. J’emmerde la campagne.

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